Référendum en Catalogne : tout comprendre en 5 questions

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La Catalogne, l’Espagne, et au-delà l’Europe, vivent une crise diplomatique profonde. Barcelone fait tout son possible pour s’exprimer le 1er octobre sur son autodétermination lors d’un référendum. Le gouvernement catalan affirme qu’il ira jusqu’au bout du processus. De son côté, Madrid tente coûte que coûte d’empêcher ce référendum, quitte à arrêter des hauts fonctionnaires, à envoyer des renforts de police ou encore à saisir (en vain ?) des millions de bulletins de vote. Si vous ne comprenez pas tout à la situation catalane, voici 5 questions qui devraient vous éclairer.  

Question 1 – Quelles compétences possède la Catalogne ?

La Catalogne n’est pas une région mais une « communauté autonome ». Il s’agit de la plus riche d’Espagne. Elle dispose de son propre Parlement, de son propre gouvernement, de sa police et décide elle-même des questions d’éducation, de santé, de sécurité et de services sociaux. L’espagnol – également appelé castillan – et le catalan sont les deux langues officielles.

Par contre, la Catalogne ne gère pas la défense, les relations internationales et le thème de la fiscalité. Ce dernier point est d’ailleurs, avec l’affirmation et la reconnaissance d’une identité propre, un thème récurrent dans le débat actuel.

 

 

Question 2 – En quoi consiste le référendum catalan ?

Une loi a été votée le 6 septembre 2017 par le Parlement de Catalogne pour préciser les modalités du scrutin qui aura lieu le 1er octobre 2017. Plus précisément, la question qui devrait être dévoilée est : « Voulez-vous que la Catalogne soit un État indépendant sous la forme d’une république ? ». La Cour constitutionnelle espagnole a suspendu le scrutin. Elle le juge illégal car contraire à la constitution espagnole de 1978. Carles Puigdemont, président de Catalogne, affirme qu’il sera maintenu. Le bras de fer peut commencer…

 

Question 3 – Comment en est-on arrivés là ?

En 2006, le Parlement espagnol a adopté un nouveau statut renforçant l’autonomie de la Catalogne. Après une demande du Parti populaire (parti politique de Mariano Rajoy, président actuel du gouvernement d’Espagne), le statut est en partie revu et le résultat est beaucoup moins favorable à la Catalogne. Pour protester, la Catalogne organise en novembre 2014 une consultation symbolique sur l’indépendance. Le « oui » l’emporte (à 80 %) mais le taux de participation est très faible (33% des inscrits ont voté).

En juin 2017, Carles Puigdemont annonce la tenue du référendum d’autodétermination pour le 1er octobre 2017. Madrid affirme qu’il n’aura pas lieu.

 

 

Question 4 – Qu’en pensent les Catalans ?

Ils sont très partagés sur la question de l’indépendance. Selon un sondage commandé par le gouvernement catalan en juillet dernier, 49,1% sont contre l’autodétermination et 41,1% pour. Autres chiffres, côté parlement cette fois-ci. En septembre 2015, les partis indépendantistes de gauche et de droite remportent les élections régionales. Ils deviennent alors la première force au parlement catalan pour la première fois. S’ils ont la majorité des sièges, ils représentent 47,8% des suffrages exprimés.

Les Catalans sont divisés sur l’indépendance de leur communauté autonome, mais ils sont majoritairement pour la tenue du référendum. En effet, 70% souhaitent pouvoir s’exprimer sur la question, tous sondages confondus.

 

Question 5 – Madrid peut-elle empêcher le référendum ?

C’est l’une des questions centrales. Le gouvernement espagnol a pris plusieurs mesures visant à empêcher la tenue du référendum. Par exemple, l’Opération Anubis est lancée le 20 septembre : quatorze membres du gouvernement catalan sont arrêtés. Près de 10 000 manifestants descendent alors dans les rues de Barcelone, drapeau indépendantiste en main.

D’autres mesures ont été prises, comme des perquisitions aux sièges de journaux catalans, des saisies de bulletins de vote, ou encore des fermetures de sites internet liés au référendum. Le gouvernement catalan a également vu ses comptes mis sous tutelle par le ministère du budget. Madrid n’a pas non plus hésité à envoyer des renforts de la police nationale et de la Guardia civil, prêts à intervenir. Plusieurs milliers de policiers et de gardes civils attendent donc dans le port de Barcelone, logés dans des bateaux de croisière.

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Malgré ces différentes mesures hors normes qui visent à empêcher le scrutin, le gouvernement catalan est déterminé à le réaliser. 712 municipalités sur 948 ont donné leur accord au vote ou assuré qu’elles le toléreraient. Après la saisie de 10 millions de bulletins de vote, les organisateurs incitent les Catalans à imprimer les bulletins chez eux. Les urnes seraient gardées en lieux sûrs. Si le référendum a lieu et le « oui » l’emporte, Carles Puigdemont pourrait déclarer l’indépendance de la Catalogne. Une seule certitude dans cette situation bien complexe : la Catalogne vit ces jours-ci un moment important de son histoire.

 

 

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20 Comments

  1. Puedo anadir que hay un otro problema alrededor de esta referundum, es que justo los catalones que estan en catalonia podran votar, los catalones fuera de esta region y quienes por ejemplo trabajan en otras regiones de espana o fuera del pais , no podran votar. Es algo que utilizan a los oponentes del referundum par demostrar que el referendum no es legitimo.
    “Lo siento si hay muchos erores grammaticales.”

    1. Normalement, le vote par Internet sera possible.

  2. maribel cortes dit :

    Bravo Karim.
    Tu as très bien expliqué la situation. Sans parti pris.

    Une prof d’espagnol barcelonaise qui habite en France.

    1. Mireille Keller dit :

      Estoy de acuerdo,Karim ha explicado muy bien lo que está ocurriendo .La situación no es fácil de entender sin saber un poco de historia de España y de Cataluña.El gobierno español es un gobierno heredado del franquismo mientras que los catalanes en mayoría son republicanos. Añadiría a lo que dijo Karim,que en el resto de España hay muchos opositores al catalanismo sobre todo en Andalucía y en la Comunidad Valenciana. Los vascos al contrario están de acuerdo con los autonomistas de Cataluña.

      1. Pues no, no est’a nada bien que identifiques a la Espana de hoy en d’ia con el franquismo. Me duele que haya gente que piense eso. Es mentira, una mentira que han difundido los catalanes y los vascos para hacerse las v’ictimas… cuando nunca lo fueron. Vascos? Puedes tambi’en hablar de los cientos de personas inocentes que ETA asesin’o en Espana….. Me duele y mucho. Toda Espana sufri’o mucho en la guerra y en la posguerra… y no olvidemos que las ‘elites catalanas y vascas…. eran las que m’as ganaron antes y despu’es de la guerra con sus negocios turbios muy de la mano de Franco…… Y a d’ia de hoy en Cataluna….. la gente que est’a siendo amenazada y silenciada por los grupos independentistas m’as violentos….. Ent’erate…..

  3. Je vis actuellement en Catalogne.
    Même si je ne suis pas toujours d’accord avec les idées des Catalans, je reconnais qu’ils ont de bonnes raisons d’être mécontant.
    Ils réclament le reconnaissance de leur identité, je pense qu’il l’ont déjà. Coté gros sous, je trouve le gouvernement Espagnol pas très honnéte avec eux. La Catalogne est riche, il est normal qu’elle partage avec le reste du pays mais ça ressemble plus à du raquet (ce n’est qu’une impression, je n’ai pas la prétention d’avoir un avis d’expert).
    Au lieu de calmer le jeu et de chercher un accord, l’Espagne jette de l’huile (d’olive) sur le feu.
    Je ne vois pas comment la situation peut s’améliorer.

    1. la catalogne est riche grâce au gouvernement espagnol d’époque qui a favorisé le développement industriel et en déplacent des usines pour des arrangements …..d ‘epoque

  4. Holà j’espère que tout se passera bien dans le calme et la sérénité

  5. Catalina dit :

    Merci Karim pour ces informations. Attendons de voir ce qui va se passer.

  6. Michèle Dupoirieux dit :

    merci pour ces explications fort utiles à la compréhension de ce qu’il se passe chez nos voisins espagnols. Et quelle est la position du Roi d’Espagne dans cette situation ?
    Merci

    1. Maryline dit :

      Pour l’instant le roi ne s’est pas prononcé, même s’il est assez évident de deviner son opinion (et ses intérêts, n’oublions pas que son père Juan Carlos à été mis en place par un dictateur). On sait qu’il a annulé tous ses rendez-vous de la semaine prochaine…

  7. J’ai l’impression de revivre des années sombre du franquisme avec Madrid voulant écraser les aspirations populaires sous le couvert de la “loi” et de la démocratie.Que Rajoy se souvienne des Basques et ne rouvre pas la boîte de Pandore ! Viva Cataluña y “Gu euskaldunak gara, Euskal Herrikoak.”

    1. Jean-Pierre dit :

      Je ne prends pas position pour ou contre l’indépendance de la Catalogne, mais force est de constater que le gouvernement de Madrid à tout fait pour en arriver là. La faute, à mes yeux de Rajoy, est de ne pas laisser le vote se dérouler démocratiquement. D’autant qu’avant l’intervention de Madrid les indépendantistes étaient minoritaires.
      Par ailleurs il ne faut pas oublier que le PP n’est que la continuation du franquisme.

  8. Fernandez Jose dit :

    Il est utile de préciser un point important les pressions sont exercées par les deux côtés, sur une population qui n’aspire qu’à vivre en paix dans sa grande majorité.
    Les indépendantistes ne sont pas majoritaire contrairement aux affirmations du Parlament.
    Ce qui le préoccupe ce sont les liens avec l’extrême droite de divers pays comme la NVA en Belgique.
    Que veut-on semer le chaos en Europe ?

  9. Perroux Michelle dit :

    Merci pour cet éclairage très intéressant sur la Catalogne; je suis de très près la situation…J’ai moi-même perfectionné l’apprentissage de l’espagnol dans une famille catalane de Barcelone, une famille ,exceptionnelle, que j’ai malheureusement perdue un peu de vue, depuis le décès prématuré de leur fille, qui était mon amie. Mais j’ai gardé des sentiments profonds pour cette région et ses habitants. .Je sais l’attachement viscéral à leur identité, à leur langue, à la république,, depuis la guerre civile, ….Je sais combien ils sont chaleureux, ouverts ,épris de liberté et de culture .J’ai aimé leur histoire, leur musique ;(j’ai d’ailleurs gardé des disques des années 60,70, de Joan Manuel Serrat, de Raimon, de Enric Barbat, pour lequel j’avais une affection particulière.)
    Jusqu’où iront-ils dans leur lutte contre le pouvoir central? J’ai quelque inquiétude…Que todo vaya bien, que cada uno, a favor o en contra, sea digno y orgulloso de lo que ha hecho..Visca Catalunya!!!!!!

  10. bonjour a tous habitant en espagne depuis plus de 13 ans vous trouvez cela normal que l on brule le drapeau francais à barcelone ???

  11. Il y a une chose claire. Le référendum n’est pas légale car la constitution espagnole, pilier fondamental d’un pays démocratique d’ailleurs, interdit qu’une région du pays fasse un référendum d’indépendance. Et cette constitution a été voté par les catalans aussi lors de la période connue comme La Transicion après le franquisme. Ça veut dire qu’ils peuvent pas célébrer ce référendum pour l’instant, et s’ils le font et continuent à désobéir l’interdiction, c’est normal que les responsables politiques soient arrêtés, vu qu’un juge de Barcelone (et pas de Madrid) l’a interdit. Du coup, envoyer des policiers de partout a été fait pour faire respecter la loi et la décision de la justice, ce n’est pas que Madrid agit de manière répressive.

    Une fois ça c’est clair, je respecte les idées de tout le monde, et les citoyens n’ont pas été réprimés par le gouvernement ni par la police en raison des leurs pensées. Si ils veulent faire un référendum légale, il faut tout d’abord changer la loi, c’est-à-dire, changer la constitution, et pour faire ça il faut négocier avec le gouvernement de l’état. Si le gouvernement ne veut pas en discuter, la seule solution c’est de faire politique et dans les prochaines élections essayer d’obtenir plus de votes que le parti qui est dans le pouvoir maintenant et qui veut pas changer la loi tel qu’elle est, en votant quelqu’un prêt à changer le statu quo actuel.

    Cependant, si le gouvernement régional ne respecte pas la loi, les choses vont se passer très mal, et il n’y aura que du conflit et de la division, avec des conséquences peut-être terribles pour tout le monde.

    1. Karim, il s’agit d’un déni de démocratie, comme jamais vu en Europe. J’ai un avis sur le fond et c’est clairement non pour l’indépendance de la Catalogne qui jouit déjà d’une large autonomie comme d’autres communautés. Les images de violence qui me sont parvenues via internet et les autres médias sont insupportables, Il s’agit d’une escalade symétrique, un engrenage infernal qui n’aura de cesse que de prendre de la vitesse . La spirale de la violence est enclenchée, malheureusement. Espero que todo esta bien para ti, tu familia, tus amigos et tus estudiantes. Un abrazo. Jean-Luc y Esther.

  12. Como le ha dicho, Karim, hubo elecciones y los independentistas (Junts Pel Si + CUP) obtuvieron una mayoria relativa (51%). ¿Entonces por qué organizar un referendum?
    ¿Por qué decir que 80% de Catalanes quieren la independencia?
    Ya que estámos por qué no el País Vasco, las Canarias y Andalucia, sin olvidar la Corsa y la Bretania en Francia, la Flandria en Belgica, etc… Acordaos de la ex-Yugoslavia.

  13. bueno,ahora hace falta ponerte a enseñar el catalan!!!

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